Le premier mai 2002, nous étions sous le choc d'un Front National au deuxième tour, même si tout l'avait laissé prévoir. La manif avait rassemblé. Tout d'abord, beaucoup de monde. Dans mon souvenir, c'est de très loin la manif marseillaise où j'ai vu le plus de monde. Je croyais, et je n'étais pas le seul, que donner une large majorité à Chirac, c'était une façon de lui dire qu'il ne serait pas élu sur son programme mais sur une vision de la société s'opposant à celle du père Le Pen. Mais Chirac n'en a jamais tenu compte. Ensuite, des gens d'univers très différents qui ne se trouvaient là que pour communier dans leur rejet du Front National.
Cette année, l'ambiance fut bien différente. Macron ne représentait plus l'espoir de sauver la République, la foule était celle d'un premier mai habituel, seulement un peu plus nombreuse. Et l'idée générale était qu'on pouvait pas choisir entre la peste et le choléra.

La manif a commencé tard, entre dix heures et demi et onze heures. La lumière était rude, difficile de photographier dans ces conditions. Les photos sont donc affreuses. Autre mésaventure, je me suis embronché dans les cordes du cordon de sécurité de la CGT. Une belle chute, bien brutale, avec mon Leica. L'appareil marche encore, mais le choc a déplacé de nombreuses poussières sur le capteur.